Beijing

Publié le par Karine Massonnie

Paris-Pekin: 14000 kilometres. Je suis parvenue au  bout de la  terre ou l`on "marche". Plus a l`est , c est la  mer... Dorenavant , je  vais emprunter les  meridiens...

Pekin... Apres les deserts du nord du pays  qui defilaient derriere les vitres du bus depuis la frontiere mongole , je  realise enfin que  la  chine compte plus d`1 milliard d`habitants...

L`arrivee a Pekin , ou Beijing, a des allures d`exode Rwandais , aux pires heures du genocide.
La foule qui descend de plusieurs escaliers differents se deverse dans un immense couloir ...
Je la suis sans reflechir. Mon instinct me  dit qu`elle se dirige vers la  sortie.
Dehors une chaleur pesante m`acceuille en meme temps que les taxis...
ll n est que  06hoo du matin , mais deja Pekin grouille de monde...C`est l`heure "volee" des chinois ..L` heure la  plus douce ou la  chaleur et l humidite harassante sont encore supportables ..L heure du jogging matinal ou des premiers exercices de Tai-chi , histoire d`etre en forme pour la  journee de 12heures de travail qui va suivre...

Beijing. Cette ville compte plus de chantiers que  toute l `Europe reunie. L`arrivee proche des Jeux Olympiques y est pour quelque chose...D`immenses immeubles  rivalisent entre eux dans la  demesure. Un spectacle en soi. Un spectacle  froid. Amarres le  long de grandes arteres , ces paquebots de verre et de beton rendent l`atmosphere glaciale.

Mon petit hotel, heureusement, se situe dans un hutong , un des derniers quartiers populaires de Beijing.

Je m`y fraie un chemin. Se perdre dans ce dedale  devient un vrai jeu. Ambiance locale... Les velos se croisent , jouent du  klaxon ; les petites echoppes ont pignon sur rue. Entre jeux de cartes et discussions autour d`un the . la vie ici est dehors...A l` ombre des murs.
Je m `y sens etonnament chez moi...Les habitants, eux , plus pour tres longtemps...Des grues cernent le  quartier . La  betonneuse rugit au  loin. Trop delabre , trop sale .. mauvaise vitrine pour l etranger ...

 La place Tien an Men est une grande esplanade desolee. En lieux et place des fantomes de 1989 , des touristes par grappes entieres suivent les  petits drapeaux colores de leur guide , dont le  micro portatif colle aux levres retransmet d`un ton monotone les  attraits touritiques du site.
Leur parle t`il de ces etudiants morts par milliers il y a peine 20 ans occis pour un reve democrartique bien peu partage dans l `Empire du  Milieu ?

Car a Tien An Men, la preoccupation des chinois est de faire de l`argent ..."Money, money" est l un des rares mots anglais connus ici .. Il faut payer pour se balader dans un parc , payer pour admirer un temple bouddhiste , payer avant de dormir dans un hotel ...
Le culte de l`argent a remplace celui de Confucius..
Mais derriere ses buildings , le  communisme chinois converti au capitalisme cache mal sa horde de mendiants..Partout dans les rues commercantes , dans les  couloirs souterrains , ils deambulent , un gobelet Mac Do a bout de bras , le  visage implorant . De grosses Berlines les  cotoient , d` ou sortent de fringants hommes d affaires, portable  colle a l`oreille et attaches-caisse a la  main. Mao a perdu , la  Chine se dechire ...

 Beijing ,  la  richesse de son passe , sa vie  culturelle trepidante ,  ses paradoxes,  font d`elle une halte qui s`impose  dans un voyage en Extreme -Orient.

Publié dans Chine - Pekin

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